Sur le territoire de la commune d’Argelès-sur-Mer, il semblerait que l’application des règles et protocoles sanitaires dans la lutte contre le COVID-19 soient différentes selon que vous êtes commerçant ou pas…

Pour le constater, pas besoin de s’en convaincre, il suffit de se balader, par exemple, au centre-plage de la station balnéaire : dans les allées piétonnes, dans les quartiers résidentiels du front de mer, peu de gens, touristes ou autochtones, portent le masque et ne semblent être inquiétés le moins du monde. En revanche, dès qu’un commerçant, exerçant dans le textile ou la restauration, déborde (dans tous les sens du terme) sur la voie publique ou oublie son masque derrière son comptoir, alors là les autorités déploient la grosse artillerie*.

« On connaissait les gendarmes et les voleurs, à Argelès-plage c’est les gendarmes et les commerçants », ironise l’un d’entre eux. « Quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, nous sommes dans l’oeil du cyclone, surveillés comme le lait et l’huile sur le feu. Et pourtant, nous sommes la force de frappe économique estivale, non ? ».

Effectivement, les rues piétonnes, avec leurs défauts et leurs qualités, dans une ambiance souk, sur des airs de fête foraine rococo, constituent une attractivité indémodable depuis leur création. Au hasard d’une enseigne, le chic estival y a également ses entrées : des boutiques de prêt-à-porter & accessoires de mode qui proposent les marques fashion de la tendance actuelle, des glaciers pimpants néonisés comme l’entrée d’un casino à Las Vegas, des terrasses de bars-restaurants coquettes…

Chaque jour, en été, des dizaines de milliers de vacanciers empruntent le quartier piéton pour aller à la plage ou, en soirée, pour faire du shopping, ou encore simplement se promener ès-qualité de badauds.

Sans ces allées piétonnes, que serait Argelès-sur-Mer ? Cela ne ressemblerait même pas à Argelès-Gazost perdue dans la Vallée des Gaves ! Rassurons les habitants de ce merveilleux village des Hautes-Pyrénées, nous n’avons rien contre les… Argelésiens ! Nous en sommes.

A côté de ce constat, concernant l’atmosphère délétère dans laquelle les commerçants d’Argelès-plage se voient confinés, la Municipalité organise des animations sans restrictions, au regard des normes sanitaires en vigueur. Contre toute attente, les élus locaux ont même maintenu le traditionnel feu d’artifice du 14-Juillet – Que (presque) toutes les autres communes des P-O avaient annulé -, où l’on a vu des dizaines de milliers de gens les uns sur les autres, voire les uns dans les autres. Nombre de vidéos et de selfies circulant sur les réseaux sociaux en attestent. Même si on ne peut que se réjouir du maintien des animations municipales, et féliciter leurs auteurs, ce qui peut paraître choquant par ricochet populaire c’est la différence de confiance et de traitement entre le « public » et le « privé », les droits des uns et les obligations des autres.

Deux poids deux mesures ? Nous y sommes.

Enfin, on ne peut pas se quitter sur le sujet, cher lecteur, sans évoquer le sort des clubs de plage, sanctionnés par l’arrêté préfectoral du 15 juillet 2021 qui les oblige désormais, à partir de ce dimanche 18 juillet 2021, à fermer à 23h, et ce sur une période administrative qui court jusqu’au 2 août. Jetés dans le même sac que les bars et restaurants classiques, sans distinction.

Donc, si on résume la situation : on ferme les établissements de plage à 23h, mais sur le sable d’à-côté on continuera de danser, de pique-niquer, de s’abreuver – au Champomy et twister avec de la Tourtel, vous le croyez vous, ça ? – sous les étoiles, sans la moindre contrainte (puisque même le port du masque n’est pas obligatoire sur la plage).

Vous trouvez ça absurde ? Nous aussi.

 

L.M.

 

*Bien sûr que les « brebis galeuses » doivent être sanctionnées, mais de là à fustiger et à montrer du doigt tout un secteur d’activité…