« La musique peut rendre les hommes libres » : la crise sanitaire liée au COVID-19 (coronavirus) nous a entraîné bien loin de cette citation de Bob Marley, en nous bouchant le nez et clouant le bec, l’oreille en coin ; le port du masque étant obligatoire. De son côté, l’artiste-médecin-philosophe-théologien Albert Schweitzer disait, dans le siècle précédent : « Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats »… Il ne nous resterait donc plus qu’à partir se réfugier à la SPA !

Trêve de plaisanterie.

Depuis bientôt cinq mois, les discothèques ont baissé le rideau, les platines ont arrêté de tourner, la night n’a plus de spot pour illuminer et enflammer les linoléums, la boule au plafond s’est éteinte. Plus de reines de la nuit, plus de prince des nuits. Outre les patrons de boîtes, les barmen et les videurs-physionomistes, les principales victimes de cette situation sont bien évidemment les disc-jockeys, les DJ, les dijés. Bals, mariages, festivals, concerts, clubs, discothèques bien sûr, tout moyen d’expression musicale « en vase clos » leur est plus ou moins interdit, et ce depuis la mi-mars. Tous leurs rendez-vous professionnels ont été annulés, balayés. On estime qu’en France, le coronavirus a débranché quelque 10 000 DJs de leurs platines !

Cela tombe d’autant plus mal que les DJ ont besoin de beaucoup travailler pendant l’été, en haute saison estivale, pour se refaire la cerise, car ils savent très bien que pendant le reste de l’année ils vivotent. C’est notamment le cas dans une région touristique comme le Roussillon où, de Pâques à septembre, les dijés fleurissent dans les stations balnéaires du Barcarès, de Canet… et bien évidemment d’Argelès.

Certaines discothèques, celles bénéficiant d’espace et/ ou de terrasses-jardins, d’ouverture « plein air », ont trouvé la parade : elles ont pu se reconvertir en bars-musicaux, temporairement.

Dans un milieu où le télétravail est impossible, les DJ – les artistes de nos nuits – doivent en ce moment se réinventer dans leur propre métier, à coups de soirées privées par exemple.

Nous avons rencontré Quentin.

 

Aux platines, tout prédestinait « QT1 Perfect Sound » (son nom d’artiste) à être musicalement LA révélation estivale de la saison 2020 sur le littoral roussillonnais. Son son, reconnaissable entre Mille et Une nuits, en a fait la star des fêtards « de aqui ».

Originaire d’Elne, c’est actuellement à Argelès-plage qu’il sévit et où ses sets musicaux résonnent d’un écho particulier, au sein de la jeunesse en vacances, et où, en dépit de la crise sanitaire, il a réussi à trouver sa scène pour faire émerger un style, un climat… et rendre les nuits argelésiennes moins noires. Interview…

 

-Ouillade.EU : où et quand mixes-tu en ce moment ?

  • « Tous les jeudis et vendredis au Central Beach, dans la rue piétonne Jules-Aroles, à Argelès-plage ».

-Ouillade.eu : la crise sanitaire du COVID-19 impose la fermeture des discothèques ou leur transformation en bar jusqu’au 30 septembre. Dans ces conditions, encadrées par un protocole très strict, comment exerces-tu ton métier ?

  • « Je devais être DJ résident en boîte de nuit sur Argelès, malheureusement le COVID est passé par là et a changé la donne, au point de fermer tous les établissements nocturnes. J’ai donc dû m’adapter à ce nouveau contexte, j’ai trouvé un autre travail – car la musique ne suffit plus – en plus de mixer les jeudis et les vendredis au Central Beach, qui était une boite de nuit avant le COVID et qui est maintenant transformée en bar-musical, sans piste de danse… ».

-Ouillade.eu : disc-jockey est ton métier… ou une passion à côté d’une autre formation professionnelle ?

  • « Je suis actuellement toujours dans les études le DJing… C’est aussi une passion que j’ai avec la musique depuis tout-petit ».

-Ouillade.eu : qu’est-ce qui est le plus excitant pour toi lorsque tu es aux platines ?

  • « Le plus excitant pour moi, quand je suis aux platines, c’est de mettre l’ambiance et de contrôler une foule de gens comme je veux. Mais, pour l’instant, tout cela doit se faire en moitié moins de temps car le bar ferme à 2h du matin, contre 5h pour la boîte avant la crise sanitaire ! ».

-Ouillade.eu : pourquoi avoir choisi de mixer à Argelès-sur-Mer ?

  • « J’ai choisi Argelès parce que j’y ai quelques contacts, un réseau relationnel, des amis bien sûr… à tel point que  je passe plus de temps à Argelès-sur-Mer que dans la commune où je réside ! ».

 

Propos recueillis par L.M.