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« Il ne faut pas se leurrer, ils iront tous chacun de leur côté » : l’idée d’une primaire à gauche ne prend pas
Par Mahauld Becker-Granier (édité par J.A.)

 

La candidate du PS, Anne Hidalgo, propose une primaire face aux sondages qui la créditent de 3% d’intentions de vote. Mais l’idée ne semble pas convaincre à gauche
RMC.- Annonce surprise, ce mercredi soir. Sur le plateau de TF1, Anne Hidalgo a proposé l’organisation d’une primaire de la gauche pour « les candidats qui veulent gouverner ensemble ». Invitation aussitôt déclinée par les communistes, les écologistes et les Insoumis, qui raillent une proposition de la dernière chance pour la candidate, créditée de 3% des intentions de vote dans le dernier sondage Elabe pour BFM TV.

Arnaud Montebourg, lui aussi au plus bas dans les intentions de vote, avait fait un peu plus tôt mercredi un appel similaire à se rassembler, en « offrant sa candidature » à « un projet commun ».

Il y a actuellement sept candidats de gauche déclarés, qui rassemblent moins de 25% des intentions de vote au total.

 

 

« Pour l’instant, en l’état, la gauche ne va pas jamais passer »

 

« Se rassembler pour gouverner ». De nombreux électeurs de gauche partagent le sentiment de la candidate Anne Hidalgo. Avec moins de 25% des intentions de vote cumulées à gauche. Une primaire apparait comme un dernier espoir.

« Pourquoi pas. Quand on est bas il faut se regrouper. Pour l’instant, en l’état, la gauche ne va pas jamais passer », constate, lucide, une Parisienne.

Une candidature unique de la gauche, c’est une nécessité pour Stéphane, surtout pour faire face aux candidatures de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour.

« C’est ce que le pays attend en terme de contre-pouvoir. Contre l’extrême-droite qui prend du terrain, on n’a rien à proposer en face. Il faut s’aligner derrière un candidat, peut-être Jadot ? Il semble le plus rassembleur aujourd’hui. »

 

 

« C’est clairement ce qu’il faudrait, mais ça n’arrivera jamais »

 

Bonne idée en théorie, mais Elise, électrice de gauche depuis toujours, n’y croit pas une seule seconde.

« C’est clairement ce qu’il faudrait, c’est pour ça que les chiffres sont au ras des pâquerettes, que la gauche ne s’en sort pas en France. Ça n’arrivera jamais, il ne faut pas se leurrer, c’est impossible, ils iront tous chacun de leur côté. »

Même sentiment pour ces électrices de Jean-Luc Mélenchon, une primaire sans socle d’idées communes n’aurait pas de sens.

« Mais qui va y participer ? Les Verts ont déjà fait leur primaire, Jean-Luc Mélenchon est déjà candidat… Je ne vois pas de monde où tous ces partis seraient réconciliables. »

 

 

Patrick Kanner : « Aujourd’hui, nous sommes éliminés »

 

Même si dès son annonce, cette primaire de la gauche n’a pas suscité d’engouement, Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat, appelle à la responsabilité des autres candidats.

« Aujourd’hui, nous sommes éliminés, il faut dépasser nos clivages. Ensemble, nous pouvons challenger Macron, Pécresse et l’extrême droite dans ce pays. C’est ce que nous voulons. »

Le communiste Fabien Roussel a déjà annoncé qu’il n’y participerait pas. Les écologistes et La France Insoumise semblent aussi récalcitrants.