– « Le délirant peintre espagnol est né à Figuères (Catalogne), le 11 mai 1904, jour de Saint Estelle. Sur l’itinéraire stellaire du génial artiste, la gare de Perpignan est restée la plaque tournante d’une invraisemblable réussite planétaire. Le souci d’échapper au contraignant contrôle du Franquisme espagnol avait incité le célèbre surréaliste d’amener tous ses tableaux créés à Cadaquès à la première station ferroviaire française pour profiter du savoir-faire de la SCNF et  expédier ces oeuvres coûteuses à sa clientèle fortunée des Etats-Unis.

En 1963, la gare de Perpignan est devenue le « Centre de l’Univers » de Dali, porte ouverte sur le nouveau monde. Le voyage historique de 1965 a confirmé la principale station du Roussillon dans sa vocation de cathédrale d’inspiration. Réalisé à la suite de ce périple initiatique, le tableau emblématique « Le Mystique de la Gare de Perpignan » (Dali, 1965) constitue une oeuvre majeure.  Il faudra  s’en souvenir en 2015, année du Cinquantenaire.     

L’Héritage créatif  de Salvador Dali

Cinquante années après,  les préparatifs des commémorations du voyage avancent laborieusement. Le moment est venu de faire le rappel des vestiges de cette époque fructueuse de l a stupéfiante créativité du Maître. Le fameux tableau est depuis 1978 la pièce maîtresse du Musée Ludwig de Cologne (D). Mais le modèle ferroviaire de la toile de 1965 a connu un bien curieux destin comme véhicule culturel actif. Car le « Wagon de Dali » est devenu depuis 20 ans le « plus petit espace surréaliste du monde », qui circule en Europe comme antenne mobile de la gare de Perpignan.

La trajectoire culturelle du fourgon iconographique a commencé en 1995. Depuis la découverte du fourgon à Saint-Assiscle, en 1978, j’avais multiplié les projets et les pétitions pour convaincre la Municipalité d’utiliser le wagon-modèle comme support d’un Mémorial Dali sur la Place de Catalogne, face à la gare.

Devant l’indifférence de « lnfidélissima Vila« , j’avais fait transporter le véhicule à Rosas (Costa Brava)i, où il fut, en 1995/96, une attraction originale du « Triangle Dalinien ». Le parrainage de Marlene, vedette de la TV franco-espagnole, fut la raison d’un formidable succès populaire : 84.000 visiteurs pour 66 peintres exposés.           

Le Centenaire Dali de 2004 amenait un bouleversement inattendu dans le prolongement du phénomène Dali. Un groupe représentatif de la mouvance européenne de l’Art de l’imaginaire (néo-surréaliste), réuni  par l’écrivain luxembourgeois  Roger  Erasmy , proposait une exposition originale conçue en « hommage à Dali ». Refusé à Perpignan par le sénateur-maire, l’ événement eut finalement lieu à Lyon. La signature de « l’Appel de Lyon » à la date symbolique du 18 juin 2004 fut l’acte fondateur d’un ambitieux collectif, baptisé  « Les Héritiers de Dali« .

Depuis 2005, les « Héritiers » sont partis à la conquête de l’Europe en emmenant le « Wagon de Dali » comme galerie d’Art itinérante. L’objectif d’inspiration dalinienne  fut la réhabilitation de l’Art fantastique. 24 expositions plus tard, le collectif rénovateur a été reçu officiellement au Grand Palais des Champs Elysées  en décembre 2013 à bord du fourgon surréaliste de 1965. Mais la mission n’est pas terminée.  Car le cinquante-naire du  voyage historique de Dali à Perpignan sera aussi le triomphe du Wagon.

Perpignan  2015.  L’événement dalinien de l’été 2015 se déroulera à Perpignan. 50 années après, le délirant voyage de Dali  reste un événement majeur dans la carrière du  célèbre artiste catalan, qui est devenu  le bienfaiteur alchimique de la ville, tellement son annonce divinatoire du « Centre de l’Univers » à marqué l’histoire du Surréalisme. Le Maire de la ville, Jean-Marc PUJOL,  a proposé en septembre 2014 de présenter dans la nouvelle gare TGV une exposition consacrée à Salvador Dali. Les « Héritiers de Dali » attendant le feu vert pour venir présenter à Perpignan-la-Catalane un ensemble de toiles illustrant l’empreinte indélébile laissée par Dali dans l’Art contemporain »