Quand le palmarès local s’enrichit d’étoiles c’est toujours une occasion de rappeler la richesse de notre territoire catalan et l’occasion aussi de belles envolées poétiques, merci Jean-Marc PUJOL (NDLR, maire LR de Perpignan, président de la Métropole).

Sur son blog, notre 1er magistrat fait une magnifique déclaration d’amour à la cuisine et aux terres Catalanes à cheval sur la chaîne des Pyrénées, entre « mar i muntanya », riche de ses terroirs, par-dessus rivières et ruisseaux, une « cuisine-mosaïque », tellement ses saveurs sont colorées à l’infini (…)»

La gastronomie réconcilie toujours les passions et les talents d’un territoire d’exception, néanmoins Monsieur PUJOL, avec tout le respect que j’ai pour vous, je ne suis pas convaincu que la gastronomie à elle seule réussira à réconcilier la ruralité et la métropolisation de nos territoires (1).

Qu’elle réussira à elle seule à ralentir l’urbanisation qui se pratique au détriment des richesses agricoles.

La gastronomie par ses lettres de noblesse, ses circuits courts et sa viticulture de grande qualité permettra-t-elle aux agriculteurs de s’imposer, de s’adapter, et subvenir à leur autonomie financière.

Actuellement l’agriculture s’en sort difficilement, aux aboies, elle brûle des pneus dans les rues de Toulouse et d’ailleurs.

À partir d’atouts géographiques et humains incontestables nous pourrions ensemble adapter vos ambitions à nos agriculteurs.

Bravo ! Quelques timides premiers pas ont été réalisé en rouvrant deux marchés couverts.

Pour réconcilier, réaligner nos deux mondes celui de la politique et des acteurs de la ruralité, vos bonnes intentions et un seul mandat ne suffiront pas, tellement vos prédécesseurs ont accumulé de terrains incultes et champs de ruines.

Le plus belle hommage serait de supprimer une partie des 50% de friches qui n’honorent plus notre banlieue de Perpignan.

Une gastronomie de terroir a besoin de blé, de céréales pour contribuer comme le vin à l’attractivité de notre territoire. Honorez par vos sillons l’odeur des moissons et vous redonnerez par la saveur la noblesse de notre pain.

Les voyageurs, qui sont de plus en nombreux à venir séjourner chez nous, le temps des vacances ou pour des périodes prolongées, ne se contentent plus de rester dans nos cités balnéaires ou visiter quelques monuments.

Ils ont besoin de ruralité soignée, esthétique, accueillante, et après avoir mis les pieds sous la table, passer de grands moments extraordinaires dans de beaux paysages entretenus, respectés.

Qu’avons-nous fait de nos terres vivrières alors que chacun de nous pourrait aller chercher son huile de proximité produite au Mas Ballande ou sa farine affinée à la meule du moulin de Claira !…

Il faudra bien penser à reconstruire aux porte de nos villes cette humanité fragile, recréer une harmonie, si nous voulons sublimer ensemble de belles victoires que notre territoire mériterait plus encore.

Hubert LEVAUFRE
«La FERME DÉCOUVERTE
SAINT ANDRÉ »
Paysan-Boulanger, formé chez les Compagnons du Devoir et du tour de France.

 

(1) Note De La Rédaction : Désolé M. LEVAUFRE, mais nous sommes obligés de préciser. M. PUJOL n’a jamais dit ou écrit que « seule la gastronomie pouvait booster l’économie locale (…) ». Cela relève de votre pure imagination. Il a bien précisé en revanche qu’elle y participait, qu’elle y contribuait. Et l’hommage que le maire de Perpignan rend à la cuisine catalane à travers, notamment, la nouvelle étoile Michelin accordée au restaurant L’Almandin – qui se situe dans la commune de Saint-Cyprien, et donc ni à Perpignan ni sur le territoire de la Métropole où Jean-Marc PUJOL est élu – a été unanimement salué si l’on en croit les nombreux témoignages reçus à ce sujet à la rédaction de ouillade.eu.