C’est loin d’être la foule des « beaux jours » sur la belle esplanade Charles-Trenet qui conduit à la plage centrale… tout comme la fluidité exceptionnelle de la circulation (photo du bas) qui témoignent, pour le moins, d’une ambiance assurément morose dans la station. Bonjour tristesse !

 

Depuis une semaine, « au minimum », rien ne va plus dans l’économie touristique locale. Certains, preuves à l’appuie, insistent sur le fait que le malaise est beaucoup plus profond qu’il n’y parait, « et que le phénomène de sinistrose ambiante s’est installé dès le 1er juillet – avec des vacances qui n’ont débuté officiellement que le 4 juillet – dont on peut d’ores et déjà affirmer que les conditions climatiques actuelles ne sont pas les seules à pointer du doigt pour analyser la situation ».

Après un mois de juin qualifié d’exceptionnel, la chute est d’autant plus inquiétante. Et ce qui se pointe dans les « carnets de réservation », que ce soit pour le bizness du front-de-mer et dans l’hôtellerie de plein air, ne serait pas du tout rassurant.

Un restaurateur souligne que « la casse dans l’industrie de la région des Hauts-de-France, l’un de nos principaux réservoirs pour ce qui est de la provenance de notre clientèle touristique, n’est pas étrangère à la situation présente. Nous perdons des parts de marché, depuis des mois, des années, que des usines ferment, il fallait bien que l’on soit directement confrontés au problème. C’est le cas aujourd’hui. Le chômage de longue durée qui touche une partie de notre clientèle traditionnelle produit ses effets. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cela fait mal. Il ne faut pas croire que à cause du mauvais temps qui sévit actuellement ils sont tous au Perthus ! C’est faux de dire ça. Depuis vendredi que la température de l’eau est tombée à 17° ils ne passent pas tous leur journée dans les rues du Perthus. La vérité, c’est que les touristes ne sont pas là ! ».

Pourtant, restaurateurs, cafetiers et autres ont fait des efforts au niveau qualitatif, et même de sacrés efforts au niveau des prix, puisque l’on peut s’attabler correctement sur le front-de-mer (et dans les rues très courues de la station) pour moins de 15€ par personne, sans se prendre pour autant pour Gargantua. Dans les allées piétonnes, de nouvelles enseignes, que ce soit dans le textile, les accessoires ou les gourmandises (glaces, crêpes…), ont fait leur apparition : plus attrayantes, mieux achalandées.

Alors ? « Un dicton local dit que, en saison estivale, quand la tramontane souffle, elle enlève les mouches et l’argent », préfère en plaisanter un commerçant saisonnier, tout en reconnaissant « Que l’heure est grave… Il nous reste à peine vingt-cinq jours pour faire la saison ! ».

Mais la plupart d’entre eux sont d’une extrême sévérité vis-à-vis de la municipalité, clouant au piloris la programmation estivale des festivités, qualifiées de « hautement ringarde… On ne peut plus continuer d’amuser, d’occuper les clients comme dans les années 70-80. Le monde a changé ! La mairie d’Argelès-sur-Mer semble ne pas l’avoir vu venir. Qu’elle regarde ce qui se fait ailleurs, au moins déjà plus près de nous à Collioure ou au Barcarès ! ».

Mais comment la 1ère station balnéaire du littoral roussillonnais en est-elle arrivée là ? A ce désastre économico-touristique. Elle qui avait tout (et qui les possède encore) les atouts pour réussir, s’imposer, grandir : « Les jeunes Néerlandais qui créaient l’ambiance sont repartis en claquant la porte à Lloret de Mar, les clients traditionnels ne reviennent plus… Ce n’est pas la peine d’aller chercher les clients aux quatre coins de France et d’Europe si après on ne sait pas les retenir. Il est grand temps que ce Département et la commune d’Argelès-sur-Mer en particulier réfléchissent à une vraie politique touristique. Et qu’ils l’appliquent ensuite ! Arrêtons aussi de grâce de faire du clientélisme avec les acteurs locaux culturels, les gens viennent d’abord chez nous pour la plage, le soleil, la nature environnante exceptionnelle. A nous de mettre en place des « packaging » autour de ces thèmes, en appuyant à fond par exemple sur l’oenotourisme, mais pas que !, et cessons d’enfumer les touristes avec des sardinades à trois francs six sous ! Quant le comprendra-t-on ça ? ».