Saint-Cyprien : affaire dite « des œuvres d’art ».

« Lorsque le 8 juillet 2016, le Conseil municipal de Saint-Cyprien a abordé en séance l’affaire n°2, nous étions, nous élus minoritaires, fort curieux de démêler ce que le maire Thierry DEL POSO avait projeté pour nous faire avaler une nouvelle vente de patrimoine. Nous n’avons pas été déçus.

Reconnaissons cependant que le titre de cette affaire n° 2 était pompeux mais alléchant :  « Préfiguration d’un projet scientifique et culturel des collections de Saint-Cyprien ». Sujet ô combien délicat puisqu’adossé à un passé dramatique et utilisé, apparemment sans états d’âme, pour une conquête du pouvoir local…

Il ne s’agissait malheureusement que d’un titre car les trois ou quatre pages qui suivaient étaient une suite de divers copiés/collés, sommes de vagues possibilités dont le sérieux reposait sur le nom des experts qui les avaient commises. Il ressortait essentiellement de ces pages que des partenariats étaient envisagés, des mécénats espérés, des rentrées d’argent escomptées, des visiteurs attendus, des ambitions de culture-pour-tous affichées, le tout dans un calendrier incertain. Peut-être le lecteur de ces lignes se fera-t-il une idée plus précise du projet par la conclusion, sans réplique possible, qui clôturait cette première partie :

« Les Collections sont aussi capables de créer des commissariats d’expositions hors les murs et de proposer des parcours thématiques terrestres et immergés dans un environnement paysager de qualité, en lien avec le programme Odyssea sur un itinéraire culturel Mer et Terre »

Tout semblait avoir été dit ! Et ce n’est pas faire injure aux membres du CM que de souligner la complicité gênée qui poussa alors les moins introduits dans le monde de l’Art à piquer du nez dans leurs portables ou dans leurs notes, vaguement inquiets sans doute d’une interrogation écrite à laquelle ils n’auraient pu répondre et qui fort heureusement ne leur fut pas imposée…

Mais quel était donc l’objectif réel de cette mise en scène jargonnante?

En vérité, ces longs et laborieux préambules cachaient, inutilement et sans finesse aucune, des faits, un constat et une décision à prendre.

  • LES FAITS :

La ville de Saint-Cyprien possède, après inventaire, plus de 1700 œuvres :

–700 œuvres provenant du legs de François Desnoyer, œuvres complétées par des acquisitions en peintures du XIX et XX siècles et 175 autres œuvres d’artistes contemporains.

–des collections des civilisations dites lointaines qui regroupent 691 objets : tapis, tapisseries, objets d’art asiatique, précolombien et art premier africain.

  • LE CONSTAT :

–les collections des civilisations dites lointaines ne correspondent pas à l’identité culturelle de Saint-Cyprien.

— Saint-Cyprien n’est pas en mesure de répondre avec efficacité aux besoins de ce patrimoine en termes de conservation, de protection et de valorisation.

  • LA DECISION :

–solliciter, avec l’accord du CM, l’avis de la commission scientifique nationale des collections en vue de mettre en place une procédure de désaffectation et de déclassement des 691 objets indiqués ci-dessus et préalablement à leur (éventuelle) cession.

 

Position des groupes minoritaires Mosaïque/Ensemble pour Saint Cyprien

1/ ils marquent leur agacement sur la préfiguration du projet scientifique et culturel, projet fumeux, non abouti, destiné essentiellement à masquer derrière une façade d’apparence sérieuse et une finalité faussement maîtrisée une vente restée très… sensible.

2/ ils prennent acte des chiffres d’inventaire réclamés depuis 2009 ! Cette communication en conseil municipal ne saurait cependant compenser le retard pris depuis 7 ans.

3/ ils donnent leur accord de principe sur la possibilité de certaines ventes ciblées dans les collections des civilisations dites lointaines qui effectivement ne correspondent pas à l’identité culturelle de Saint-Cyprien.

4/ ils votent la proposition qui sollicite l’avis de la commission scientifique nationale des collections, mais aux conditions de suites légales ci-après, reconnues et acceptées par le maire. (en témoigne l’enregistrement de la séance).

–Que l’avis de la commission soit porté à la connaissance du conseil municipal dès que connu.

–Que les objets prévus pour la cession soient listés et leur vente approuvée en séance de conseil municipal.

–Que les objets soient mis à la vente d’une manière échelonnée pour éviter tout gaspillage ou effondrement des cours avec effet d’aubaine pour d’éventuels initiés.

–Que les recettes soient fléchées dans le budget, utilisées précisément, en toute transparence et dans l’intérêt des contribuables locaux.

Épilogue (provisoire), ou pourquoi rappeler aujourd’hui ce Conseil municipal du 8 juillet ?

 

COLLECTION DU MUSEE DE SAINT CYPRIEN
Arts d’Asie

Salle V.V., 3, rue Rossini 75009 Paris

jeudi 13 avril 2017 14:00

COLLECTION DU MUSEE DE SAINT CYPRIEN
Tapis & Tapisseries

Salle 5 – Drouot-Richelieu, 9, rue Drouot 75009 Paris

vendredi 21 avril 2017 14:00

D’évidence, et contrairement à ce que le maire déclare dans les media, aucun des engagements pris en Conseil Municipal n’a été rempli. Tout est déjà en place pour une vente dont le planning est arrêté (Hôtel Drouot : 13 et 21 avril) et dont la représentation municipale n’est pas informée ; elle ne connaît pas non plus le nombre d’objets à la vente, leur fiche d’identité, n’a pas eu à se prononcer sur l’estimation prévue du bien commun à céder et dont elle a la charge ! Ici encore, comme dans d’autres affaires, le maire entretient au-delà du manquement à la parole donnée et au-delà du déni démocratique une opacité dans la gestion de nos intérêts communs. Une opacité forcément mère de suspicions… Ajoutons que lors de ce conseil municipal de triste mémoire (celui où le maire asséna une gifle à Jean JOUANDET), deux experts, remerciés chaleureusement puisque présentés comme « bénévoles », sont venus expliquer d’abord à la majorité en amont du conseil, puis à l’opposition en début de conseil, (il ne faut pas se mélanger !)

–que les œuvres relevant de l’archéologie ne pouvaient avoir que la valeur d’objets décoratifs

–que les netsukes seraient difficiles à vendre puisqu’en ivoire, une loi devant interdire ce type de vente.

–que les tapis avaient souffert de leur temps d’exposition.

que les tapisseries avaient également été défraîchies et d’ailleurs que tapis et tapisseries étaient parfois de belles pièces mais pas de niveau muséal !

–que nous ne retirerions pas, loin s’en faut, l’équivalent de ce que nous avions mis à l’achat.

Nous voilà donc prévenus !

–des experts avaient conseillé M. Bouille dans ses achats. Ce n’étaient pas de bons experts : nous avons trop payé.

–d’autres experts conseillent M. DEL POSO dans les ventes. Ce sont de bons experts : nous serons moins payés.

Une chose est sûre : la ville de Saint-Cyprien perd à chaque fois. Complice ou bonne fille ?« .

 

Jean-Claude MONTèS, conseiller municipal à Saint-Cyprien (groupe minoritaire Mosaïque).