Bruno Lemaire.

En signant la Charte Anticor pendant la campagne des élections municipales, Jean-Marc Pujol (UMP), maire de Perpignan, s’est engagé, une fois élu – ce qui est le cas depuis le dimanche 30 mars 2014 – à la « reconnaissance de l’Opposition »

En effet, selon le point N° 4 de ladite Charte : « Le candidat signataire s’engage à ce que les élus de l’Opposition soient représentés dans toutes les commissions, les conseil d’administration, les organismes et structures financés par la commune. Il s’engage à mettre en place une commission des Finances dont il proposera la présidence à un élu de la minorité ».

Ce que n’avaient certainement pas prévus les auteurs de la Charte Anticor 2014, c’est que, à Perpignan par exemple, ville de plus de 120 000 habitants, le Front National constituerait au lendemain des dernières élections municipales sur le calendrier, une Opposition seule… et unique !

Du coup, c’est avec le seul FN que la nouvelle municipalité UMP-UDI de Jean-Marc Pujol devra composer.

S’il applique à la lettre (ce dont nous ne doutons plus, de source généralement bien informée), ce mercredi 16 avril 2014, lors de la convocation du Conseil municipal pour officialiser les délégations, commissions municipales et autres représentations dans diverses structures, le maire de Perpignan proposera donc à son Opposition, le FN de Louis Aliot – Qui dirigeait la liste du Rassemblement Bleu Marine, Perpignan Ensemble – le poste de président de la commission municipale des Finances.

Bruno Lemaire, pourrait alors être désigné par le Groupe de Me Louis Aliot, pour occuper cette fonction.

« Ex-Chevènementiste (NDLR, l’adjoint au Logement Me Olivier Amiel ne devrait plus se sentir seul…), ancien membre des Groupes d’Experts socialistes en 1981, docteur en mathématiques et en sciences économiques, diplômé d’Harvard, Bruno Lemaire – peut-on lire dans Le Figaro Magazine daté des 8 & 9 novembre 2013 – a travaillé chez IBM et fait l’essentiel de sa carrière comme professeur de management à HEC. Proche des thèses monétaristes du Nobel Maurice Allais, il est l’un des partisans du retour au Franc. Depuis trois ans, il co-anime le groupe des experts économiques de Marine Le Pen (…). Installé dans les P-O, il est colistier de son ami Louis Aliot pour les élections municipales à Perpignan (…) ».

Il est important de rappeler – au cas où la gauche locale s’offusquerait d’un tel choix, à savoir la mise en place d’un « frontiste » à la tête de la commission municipale des Finances – que jusqu’à l’an passé le représentant départemental d’Anticor66 était un certain… Me Jean Codognès, ex-député socialiste de la 2ème circonscription des P-O (…), actuel président départemental de EELV (Europe Ecologie Les Verts). Oui, ça ne s’invente pas !

Même si, à n’en pas douter, le représentant d’Anticor sur le sol roussillonnais – charte à laquelle il a naturellement adhéré, comme Clotilde Ripoull, autre candidate perpignanaise aux élections municipales… – n’avait pas imaginé un seul instant ce cas de figure : une Opposition municipale qui se résume à la seule présence du FN au sein de l’hémicycle du Conseil municipal de Perpignan !