Nous avons fait un succinct tour d’horizon, dans nos derniers écrits, sur le commerce, les services. Restent deux éléments importants pour la bonne santé de la ruralité : le logement et l’artisanat.

Que nos amis vignerons ne s’offusquent pas. Ils savent que nous ne les oublions pas. Ils sont l’économie première de notre Fenouillèdes, pour ne pas dire la seule. Ils savent pouvoir compter sur nous à tout moment. Nous pensons l’avoir montré et nous continuerons de le faire.

Le logement dans le village

S’il est vrai que toutes ces dernières années nous avons vu surgir des lotissements, souvent d’une manière inopinée dans le village, nous sommes inquiets pour ce qui concerne les habitations plus anciennes. En effet, il suffit de se promener dans les rues du vieux village, pour perdre le compte des maisons délaissées, parfois même à l’abandon.
Les mauvaises langues disent même que la cité ancienne est devenue « un vrai cimetière ».

Quelques chiffres vérifiables sur le net (4 mars 2017 logements vacants)

Le nombre d’appartements vacants dans le village est de 231, soit 18,5 % du parc. Au niveau national, le pourcentage est de 8,4 %. Si ce chiffre national est en augmentation ces dernières années, il n’a rien de commun avec notre cité. Dix points en pourcentage de différence, c’est énorme.
Nous avons bien notre idée pour analyser ces chiffres. Nous les avons d’ailleurs déjà publiées, sans jamais avoir eu un semblant de débat. Nous pensons donc que notre analyse, même si elle est incomplète, est juste. (voir l’article paru dans ces mêmes colonnes le 14 mars 2016

(Pour consulter l’article, vous pouvez utiliser le lien : http://www.ouillade.eu/societe/estagel-limmobilier-dans-notre-village-par-joseph-jourda/124522)

Et on nous parle d’un nouveau lotissement de 70 appartements !
Pour ce fait, nous pensons qu’effectivement, l’ancien village va devenir un cimetière. De notre avis, il faut arrêter le massacre. Pour ce faire, il est indispensable de se préoccuper de l’existant. L’expérience et l’actualité nous montrent, que partout, réhabiliter les logements anciens, redonner vie aux centres des villes, est devenu une priorité. Alors à Estagel, qu’attendent nos élus pour orienter leur gestion dans ce sens ? S’il n’en est pas ainsi, ce sont les générations futures qui devront le faire. Ne leur laissons pas, en héritage, un champ de ruines.

Et maintenant, l’artisan

Lorsque l’on vit au rythme du village, pas besoin d’être un grand économiste pour comprendre que l’artisanat qui reste sur le marché du travail, souffre.
Or, il existe des subventions pour rénover les logements, les maisons. Nous n’en ferons pas le descriptif, mais ces subventions, sous diverses formes sont bien présentes dans le panorama économique.
Il est évident, qu’il faut mouiller la chemise, pour aider les propriétaires d’immeubles à trouver les solutions adéquates. Ce rôle, n’incombe-t-il pas à nos édiles ? Nous pensons pouvoir répondre par l’affirmative.
Le rêve étant une partie inhérente de l’humain, alors rêvons !
Demain, dans un premier temps, un quart des appartements vacants vont pouvoir être rénovés, car une demande de jeunes couples et autre existe.
Croyez-vous que les grandes entreprises du bâtiment vont se battre pour gagner une part de marché ? Nous pensons que non. Ce sont les artisans locaux qui seront les mieux placés, qui feront les rénovations.
Aujourd’hui, ils ne peuvent pas embaucher ? Demain certainement, avec cette vision de l’économie considérée comme une boule-de-neige.
Ceci dit, il est temps de se retrousser les manches, de continuer à faire l’entretien indispensable de la maison certes, mais surtout, d’être ambitieux pour notre village.

Joseph JOURDA.