L’affaire est complexe. Elle date de 2011. A cette époque, les époux Maryse et Antoine PARRA (le pas-encore-maire d’Argelès-sur-Mer), déposent un projet immobilier pour deux gîtes touristiques, sur leur propriété sise « Lieu-dit La Cerigue », territoire de la commune d’Argelès-sur-Mer. Le problème est que les terrains concernés sont classés en zone NC, c’est-à-dire « Non Constructible ».

A l’occasion d’une révision de son POS (Plan d’Occupation des Sols), la commune d’Argelès-sur-Mer, dont le maire est alors Pierre AYLAGAS (PS), autorise exceptionnellement – mais le plus légalement du monde – la réalisation dudit projet.

Au passage, l’Etat pose quatre conditions : seuls les bâtiments existants pourront être rénovés ; en aucun cas la superficie du projet ne pourra être supérieure à l’existant ; en aucun cas les bâtiments existants ne pourront être détruits ; et seuls pourront être concernés par cette réhabilitation les bâtiments ayant un intérêt patrimonial… Bref, le propriétaire des lieux est averti : il ne pourra que (re)construire à l’identique.

Or, sur la foi de documents – et d’une enquête de Gendarmerie remontant en 2014 – il semblerait qu’à l’arrivée ces conditions imposées par l’Etat ne soient pas tout à fait respectées. C’est en tout cas ce que font valoir aujourd’hui un habitant d’Argelès-sur-Mer et une association anti-corruption qui ont saisi la sous-préfecture de l’arrondissement de Céret, dont la commune d’Argelès-sur-Mer dépend. Ils citeraient dans leurs conclusions « l’exemple d’un casot en parpaings, d’une cinquantaine de mètres carrés, à l’origine sans fenêtre et sans étage, qui aurait doublé de surface, sur deux niveaux désormais, et qui servirait d’habitation principale en lieu et place de sa destination initiale qui devait être un gîte touristique »…

Rebondissement : en plein été 2017 une demande de permis de construire enregistrée au nom de Maryse PARRA pour une piscine semi-enterrée (déjà construite depuis près d’un an), est transmise aux services de la communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris, sise à Argelès-sur-Mer, pour régularisation. Un fonctionnaire territorial, il semblerait, aurait eu son attention attirée par le lieu d’implantation de la dite piscine : « La Cerigue ». Car l’endroit demeure toujours classé en zone « NC »… ¨même pour la construction d’une piscine.

On a appris la semaine dernière que les services de l’Etat ont adressé un courrier au procureur de la République de Perpignan, pour, dit-on, attirer son attention « sur des faits qui paraissent entachés d’illégalité ».

L’affaire – Qui alimente la rumeur localement depuis des mois – est désormais entre les mains de la Justice, pour, à ce stade, simple communication certes, mais des documents précis ont été rassemblés pour en arriver-là, sur le bureau du Procureur. L’avenir nous dira s’il y a effectivement irrégularités constatées ou pas. Laissons la Justice suivre son cours en toute sérénité.

A suivre.