TRIBUNE: Même si le travail de sentinelle peut paraître stupide et ennuyeux…RÉAGISSONS !!

Ce sont les entreprises innovantes qui créeront les emplois de demain !

Oui mais, l’innovation dérange.

Celui qui ne le sait pas encore, peut l’apprendre à ses dépens.

Pour être plus clair, dans de nombreux domaines ces entreprises innovantes sont défendues par des Chambres Consulaires ou l’ordre des comptables à la condition toutefois qu’elles soient bien dans le bon registre…et si vous interrogez les professionnels : c’est de moins en moins le cas !

Alors, pourquoi ces institutions ne le font pas ?

Tout simplement parce que les entreprises innovantes pourvoyeuses d’emplois, créées des nouveaux paradigmes au détriment des filières existantes.

Le rôle prioritaire que se sont attribués les Chambres Consulaires est de défendre avant tout ses ressortissants codifiés par un code NAF, APE…. D’ailleurs il faut observer, que ce travail est exceptionnel car il intègre la formation, la transmission et toute une ingénierie « bac office » indispensable.

Par contre, les nouveaux métiers aux marges des corporations déstabilisent les habitudes, et ce n’est que le début !

Pour analyser la complexité de cette situation, il faut comprendre que nous ne vivons ni une transition, ni une révolution mais tout simplement une rupture.

Il y avait le monde d’avant, il y aura le monde d’après. D’ailleurs pour construire ce monde d’après, nous devons casser certains codes, certains modèles existants et surtout revisiter nos chaînes de valeurs.

Tous ces « agitateurs d’idées » sont actuellement indésirables, et je sais de quoi je parle.

J’ai toujours fonctionné à la marge de l’artisanat et de l’agriculture conventionnelle. Parce que, je bouscule les habitudes et surtout j’inverse les chaînes de valeurs, je peux dire que ce n’est pas simple tous les jours !

Là où hier le professionnel croyait être « le sachant », c’est le client qui aujourd’hui impose ses exigences. Ces changements considérables nous font sortir de la verticalité, du cloisonnement et du phénomène de silos pratiquait depuis des décennies.

Nombreux sont les métiers à sortir des modèles corporatistes pour rentrer dans l’aire de la pluridisciplinarité. Cette situation n’est pas pour autant reconnue. Le positionnement de nombreux chefs d’entreprises est très controversé et très mal apprécié au sein des modèles Français protectionnistes et corporatistes.

C’est pour ces raisons, que dans notre département des Pyrénées Orientales, ces pépites innovantes mais indésirables dans les corporations conventionnelles doivent être accueillies.

À part le MEDEF (UPE), la CGPME et l’UPA aucune organisation professionnelle peut prétendre aujourd’hui, être suffisamment ouverte pour les accueillir, dans de bonnes conditions.

La réussite de l’UPE ou la CGPME nous le démontre. Le nombre de participations aux réunions publiques augmente. Le dernier Club de l’UPE a dû refusé du monde (nous dépassions les 300 participants au dernier club de l’économie).

Ce phénomène n’en reste pas moins inquiétant, car il devient le thermomètre de l’insuffisance de l’offre corporatiste avec le risque de chefs d’entreprises repliés sur eux même.

Qu’en serait-il si personne ne représentait cette offre économique ?

Nous n’osons l’imaginer à une époque où notre avenir dépend d’une vision à 360° !

Vis-à-vis de l’UPE ou la CGPME je partage quelques convictions :

Il est une réalité́ mais qu’il faut revisiter en permanence. D’un côté́, des fondamentaux qui traversent les époques et, de l’autre, des métamorphoses en fonction des évolutions techniques et de la montée en maturité́ de ses praticiens. Ces syndicats ont une excellente proximité, ils mixent réflexions théoriques et observations pratiques.

Cette pluridisciplinarité s’appuie sur des évolutions et des technologies de l’information sans mettre l’outil en premier, utilisant les fondamentaux de la gestion de l’information mais ne se réduisant pas à celle-ci, elle l’enrichie par l’analyse humaine des comportements, elle ne se limite pas à une vision déterministe des organisations professionnelles.

Les entreprises ne connaissent pas les frontières académiques que revendique l’esprit corporatiste. Elles cherchent de nouveaux leviers de performance et de cohésion. Ces syndicats développent différentes approches par des processus de retours d’expériences et animé par un souci de qualité́.

Si les leviers de construction sont partagés par toutes les professions, il peut néanmoins inquiéter les politiques et les Chambres Consulaires. Le chemin de mise en œuvre est très lié à la culture de chacune (en fonction du métier exercé, de l’origine professionnelle, de la taille, de l’âge des fondateurs, du mode de gouvernance métier…).

Nos entreprises mûrissent vis-à-vis du partage de leur information métier et de leur savoir-faire. Ce qui semble impossible à un moment peut devenir banal par la suite. La maturité de l’UPE ou la CPME se construit avec la pratique qui transforme les acteurs par l’usage.

Nos nouveaux métiers ont besoin de vision et d’accompagnement et ça peut être une des vocations des syndicats professionnels que d’offrir l’une et l’autre.

Nos syndicats professionnels doivent mettre en place des processus qui valorisent l’information métier, quelle qu’en soit la nature (académique, retours d’expérience, documentation, expertises…) pour créer de la valeur sur ce métier.

Nos syndicats doivent aborder le management, une démarche locale et globale, qui se construit par chantiers successifs.

Malgré une diversité d’enjeux, quels que soient les métiers concernés, ces chantiers doivent partager des moyens communs (management, nouveaux rôles, plateforme, cluster, gouvernance de l’information).

  •     « Le travail de sentinelles, même si il peut paraître ennuyeux, il devient indispensable pour soutenir l’action collaborative. Même si certaines Chambres Consulaires préfèrent la politique, l’économie n’a rien à gagner sur ce terrain. Plus besoin de le démontrer, l’innovation réinvente une nouvelle chaîne de valeur, qui n’a d’avenir que dans la veille et l’éveil des consciences!… »
  •    Que les faiseux et les empêcheurs de penser en rond s’affranchissent, leur légitimité n’est plus à démontrer…
  •     Même stupide et ennuyeuse, une vision n’oblige pas à se justifier, surtout quand il y a trop d’intérêts divergents…

Hubert LEVAUFRE.