L’écrivain perpignanais Cyril Massarotto.

Cela ressemble à la rançon d’un petit succès, mais pour le talentueux écrivain roussillonnais, Cyril Massarotto, la rançon commence à être lourde…

Depuis deux ans maintenant, Pascale Oriot déclare à qui veut l’entendre que Cyril Massarotto a copié/collé un de ses manuscrits resté dans ses tiroirs, « Bleu Ombre », et que l’écrivain roussillonnais l’aurait fait « éditer sous mon nom, mot pour mot, virgule pour virgule » (…).

Dans un premier temps, la réaction de Cyril Massarotto est plutôt sereine, limite indifférente : « Cela revient à mes oreilles mais je me dis que ce n’est pas bien grave et que c’est, justement, la rançon du succès ».

Mais il y a un an, changement de décor et d’ambiance : « Après que l’adaptation de mon roman pour la télévision ait été annoncée, Mme Oriot dépose une plainte à mon encontre pour plagiat : là, ce n’est plus la même chose. Je décide donc de me renseigner sur elle, et je me rends compte que je la connais, nous nous sommes rencontrés au salon Livres en herbe de Prades, sans doute en 2009, où elle est venue m’embrasser,  disant être une amie de ma famille, adorer mes livres et s’en faisant même dédicacer un ».

Cela commence à sentir le roman noir !

– OUILLADE.EU : Depuis, quelle a été votre réaction ?

– CYRIL MASSAROTTO : « Quelle n’a pas été plutôt ma surprise, de recevoir quelques mois plus tard une assignation devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Paris contenant les accusations de Mme Oriot. Sur ce document officiel remis au tribunal, elle et ses avocats affirment :

« Il ne fait aucun doute que Monsieur Massarotto s’est largement inspiré de Bleu Ombre pour écrire tous ses livres ». Le mot tous est souligné dans cette assignation. Pour rappel, les thèmes de mes 5 romans : 1/ Dieu choisit le héros pour être son meilleur ami ; 2/ Le héros hérite d’un carnet qui fait revivre les souvenirs lorsque l’on écrit sur ses pages ; 3/ Le héros est l’homme le plus beau du monde, il parvient à réaliser son rêve : devenir moyen ; 4/ Un vieil homme sauve une petite fille et lui apprend à vivre dans un monde post-apocalyptique ; 5/ Une femme atteinte d’Alzheimer oublie son fils qui fait tout pour se rappeler à elle.

A partir, donc, de son manuscrit de 120 pages, Madame Oriot aurait raconté toutes ces histoires (quel talent !), et moi de les plagier pour en faire cinq  romans.

Ensuite, elle cite des points de ressemblance entre mes livres et son manuscrit.

Dans « Dieu est un pote à moi », elle affirme que mon héros fait des « prédictions du futur », or il n’en n’en fait pas la moindre ; c’est un homme ordinaire, il n’a aucun pouvoir. Cette erreur est sans doute due au fait que le thème des prédictions tient particulièrement à cœur que Mme Oriot, puisque dans la vie elle se présente non seulement en tant qu’auteur et journaliste, mais aussi voyante, médium et guérisseuse…

Elle affirme aussi que mon livre est un plagiat car nos héros sont tous deux « susceptibles » (véridique, c’est écrit noir sur blanc)

– OUILLADE.EU : Vous avez évoqué un « procès en sorcellerie » ?

– CYRIL MASSAROTTO : Cela lui ressemble en tout cas, tellement en 2013 cela ressemble à une histoire de fous !

Dans « Cent Pages Blanches », elle m’accuse de plagiat car dans son manuscrit, il est question d’un livre magique aux pages vierges. Si cet élément est vrai, à condition bien sûr qu’il soit prouvé que le manuscrit qu’elle présente est bien un original, ce qui sera sans doute jugé par le Tribunal de grande instance de Paris, le jour où cette affaire sera examinée (Ndlr. Vraisemblablement pas avant la fin de cette année).

En aucun cas il ne peut s’agir de plagiat puisque d’abord je n’ai évidemment jamais eu ce manuscrit entre les mains. Ensuite, les livres magiques n’appartiennent à personne, par exemple, dans « l’Histoire sans fin », « Les Chroniques de Spiderwick » et des dizaines d’autres… Madame Oriot ne sait pas ce qu’est un plagiat, ni ses avocats.  J’affirme que les éléments présents dans cette assignation ne tiennent pas la route ! »

Entre autres aberration, elle cite dans ce dossier un exemple de phrase plagiée.

« Massarotto : « Je suis l’homme le plus beau du monde »

 Oriot : « Oh miroir, miroir magique, dis-moi que je suis le plus beau ».

Encore une fois, ceci est écrit noir sur blanc. S’il y a plagiat dans ces phrases, il vient de Mme Oriot qui plagie mot pour mot Blanche Neige.

Elle affirme aussi  que lorsque je l’ai vue dans un salon du livre, je me suis enfui « à la surprise générale notamment des organisateurs ». J’ai demandé quel salon, quels organisateurs, à quelle occasion, pas de réponse bien sûr.

Bref, ce ne sont que quelques éléments, tout cela se répète sur dix pages. Elle dit même que j’ai copié sur elle la mort du père du héros le jour de son anniversaire…

Dans cette histoire, ce qui est dingue c’est la  fixation absolue que fait Mme Pascale Oriot sur mes livres, sur moi ».

– OUILLADE. EU : Pourquoi, selon vous ?

– CYRIL MASSAROTTO : « Elle demande des sommes faramineuses, plusieurs centaines de milliers d’euros (que j’aimerais bien avoir gagnés.) Mme Oriot a dit devant témoins qu’elle allait s’acheter une maison grâce à mon argent, changer de voiture, etc.

Maintenant je n’ai plus envie de rire, pas envie d’être sali, ni moi, ni mes livres, par les déclarations de cette personne, que s’apprête à relayer complaisamment une certaine presse locale (…).

J’ai désormais acquis la certitude que cette inconnue veut se faire un nom sur mon dos. Je ne serai pas le panneau publicitaire de Mme Oriot ! ».

Recueilli par L.M.